Retourner à la Terre

À l’heure où j’écris ces lignes, les chrysanthèmes sont de sortie pour fleurir nos morts, une belle occasion de s’intéresser à une pratique émergente mais encore peu connue : l’humusation des corps.
En quoi ça consisterait concrètement? La dépouille serait déposée sur un lit de +/- 20 cm d'épaisseur dans une parcelle d'environ 6 m². Ce lit douillet serait composé d’un mélange de bois d'élagage et de lignite broyés, fortement imprégnés d’un accélérateur de décomposition. Après le dernier adieu, 2 m³ de ce mélange amélioré couvriraient intégralement le corps du défunt. Un an plus tard, si les proches le souhaitent, ils pourraient récupérer un seau de ce "super-compost" (environ 1,5 m³) pour fertiliser durablement un lieu de recueillement sur le site ou bien chez eux.
Mais pourquoi donc changer nos pratiques d’inhumation ? En raison du manque de place dans nos cimetières, les corps sont parfois enterrés à plus d’un mètre sous terre. Là, il n’y a plus suffisamment d'air pour que puissent vivre les micro-organismes capables de recycler harmonieusement nos restes humains. Saviez-vous que l’incinération est très coûteuse en énergie fossile (environ 200 litres d'équivalent pétrole, autrement dit un vol aller-retour Belgique-Maroc par personne) et qu’elle émet de nombreux composés très toxiques tels les dioxines, mercure, plomb, cadmium, … ? Pour les Humusateurs, nous venons de la Terre et, à la fin de notre existence terrestre, nous y retournerons pour faire de l'humus, de la terre vivante !

Cette pratique n’existe pas encore chez nous ! En effet, elle n’est pas encore autorisée par la loi. Les choses bougent, en particulier en Région wallonne. Vous voulez en savoir plus ? Alors renseignez-vous sur : humusation.org