Oxfam propose des alternatives à notre mode d'habillement

L’Oxfam Day-Slow Fashion Fair se tenait à Tour & Taxis le 5 mai, dans le cadre de la campagne “Une autre mode est possible”. Au programme, avec des partenaires issus du monde entier : des débats, une foire commerciale, des ateliers do it yourself (DIY)… Rencontre avec Patrick Veillard, chargé de la thématique textile à Oxfam-Magasin du Monde.

En quoi consiste la fast fashion (mode rapide) ?

La fast fashion consiste à renouveler rapidement les gammes. Ce modèle est très destructeur sur le plan social, car il est source d’exploitation, et sur le plan environnemental, car il consomme énormément de ressources. Une marque conçoit un modèle, puis sous-traite l’approvisionnement à un intermédiaire qui met des fournisseurs en compétition pour fabriquer au moindre coût. La variable d’ajustement est souvent le salaire des travailleurs. L’exemple récurrent est celui du t-shirt à 29 euros, dont seulement 0,18 euros sont reversés au travailleur, soit 0.6%.

Vous proposez comme alternative la slow fashion (mode lente). Que vise cette notion ?

La slow fashion est l’opposé de la fast fashion et se compose de toute une série d’éléments : l’équitable pour le respect des travailleurs et des producteurs, le seconde-main pour l’aspect de réutilisation, l’éthique pour de bonnes conditions de travail dans les différentes étapes de production, le biologique pour la protection de l’environnement… Il y a 5 ans que le Rana Plaza, une usine textile au Bangladesh, s’est effondré. La catastrophe avait causé 1100 morts et 2500 blessés.

Des changements sontils survenus depuis ?

C’est la plus grande catastrophe dans l’industrie du textile. Un accord est survenu avec les marques pour financer des inspections sur la sécurité des bâtiments au Bangladesh. Cet accord vient à échéance et l’enjeu est de le renouveler pour trois ans. La dynamique s’essouffle un peu, car le sujet n’est plus d’actualité. Et les marques Ikea, The North Face et Abercrombie n’ont pas encore signé.

Des conseils pour changer son mode de consommation de vêtements ?

Par rapport à l’achat, une carte des alternatives slow fashion, équitables et biologiques est disponible sur notre site. Concernant les pratiques, les consommateurs peuvent essayer de réparer leurs vêtements et de les customiser pour les faire durer plus longtemps. Enfin, pour la militance, nous proposons notamment des pétitions sur le renouvellement de l’accord au Bangladesh ou les vêtements de sport pour la coupe du monde.