Un projet citoyen à 2€50

Le projet " Deux euros cinquante " a été lancé par Marie-Aurore D'Awans et Itsik Elbaz à Bruxelles. Deux euros cinquante, c'est la somme nécessaire pour constituer un repas équilibré à offrir à un sans-papiers, actuellement pourchassé partout à Bruxelles. Cette initiative citoyenne récolte les dons en vue de préparer les repas. Itsik nous explique en quoi la solidarité la plus élémentaire est un devoir citoyen.

Comment est né le projet ?

Le projet est né d’une discussion tard le soir sur Facebook. Nous avions participé à un appel lancé pour préparer 500 repas. Ce soir-là, 450 repas ont été servis. Savoir que des gens repartaient dormir dehors le ventre vide dans notre ville, la capitale administrative de l’Europe, a provoqué de la colère. Nous avons décidé de faire les repas ensemble plutôt que chacun de son côté, parlé du repas et du coût nécessaire : 2,5 €. On a créé un groupe Facebook ce 10 septembre en y amenant des amis.  En 3 jours seulement on était 1.800 membres et les premiers dons arrivaient. À présent, il y a plus de 11.000 membres. Ce succès s’explique car beaucoup de gens ne savaient pas comment aider. Si on s’organise, ensemble on peut beaucoup ! Une heure, 5 € de don, un trajet en voiture… Chaque geste compte. Nous invitons à contribuer par un don unique d’un montant libre ou par un ordre permanent couvrant 1 à 4 repas sur le compte bancaire ouvert pour la cause : BE91 5230 8091 7576. On peut bien sûr être membre du groupe et s’informer simplement de nos actions.

Quelle en est l’ampleur actuelle ?

Nous avons livré plus de 4.000 repas, fait des courses pour des associations, lancé une dynamique d’actions très concrètes auprès de lieux culturels, collecté 35m3 de matériel de campement, vêtements, chaussures, produits d’hygiène et nourriture pour le camp de Blida à Metz...

Selon toi, le projet est-il une réponse à l’urgence ou un réveil des consciences ?

Le projet n’est pas une réponse à l’urgence mais à l’absence. C’est un travail bénévole qui n’est pas fait par les pouvoirs publics. Nous ne sommes quasi rien à côté d’associations existantes depuis longtemps, mais nous les soulageons. Nous avons tous autre chose à faire, mais quand quelqu’un a faim, il doit être nourri.

Qui sont les gens que vous aidez ?

Ce sont des migrants soudanais, érythréens, syriens etc. Chaque cas est particulier. Pas mal veulent aller en Angleterre, ne demandent pas l’asile ici pour des raisons précises, comme l’Accord de Dublin.

Qui sont les bénévoles ?

Les bénévoles sont de partout, de diverses couches de la société, préférences politiques, origines et de tout âge. Ce sont des gens qui ont du cœur, que la misère choque heureusement et qui ne s’y résignent pas. Nous sommes apolitiques, non religieux et non sectoriels. Nous croyons que les gens ont des droits en plus de leurs devoirs. C’est du civisme, rien de plus.