Pour une voiture objet!

Attention ! Ceci est un article pour la voiture ! C’est un moyen de transport pratique, confortable, flexible… Rien ne peut le remplacer pour beaucoup de trajets. Par contre, son utilisation mérite d’être repensée… et en partie désacralisée.

Une voiture n’est utilisée que 5% de son temps de vie,et est occupée par 1,3 personne en moyenne, et est occupée par 1,3 personne en moyenne. Plutôt peu rentable, résumé comme cela. Pour « L’homo oeconomicus », censé guider notre comportement en toute situation, est-ce bien rationnel de payer autant, pour si peu d’utilisation ? Chacun peut apporter sa réponse, mais c’est important de se poser la question. De plus, alors que les routes prennent de plus en plus de place dans le paysage, le réseau est de plus en plus saturé. Chaque jour, de nouveaux véhicules sont mis en circulation. Pouvons-nous tous vivre en ville avec une voiture ? Comme le demande Bruno Marzloff, sociologue du Groupe Chronos : « ne peut-on pas se déplacer autant et mieux avec moins de voitures? Et d’ailleurs, a-t-on besoin de se déplacer autant, pour des raisons où souvent l’injonction l’emporte sur le désir, et où le stress l’emporte sur la liberté ? ». En partageant plus souvent nos voitures (avec du covoiturage, en louant…), nous pourrions tous rouler mieux, pour moins. Pour rester dans une logique économique, nous augmenterions la productivité de la voiture.

Les caractéristiques des voitures changent constamment. Celles-ci sont de plus en plus lourdes (+8,2% en Europe en 10 ans), de plus en plus puissantes (+13,5%), et de plus en plus rapides (+2,8%). Alors que la vitesse est toujours limitée. Pourtant, des véhicules plus lourds, rapides et puissants sont plus dangereux, consomment plus et donc polluent plus. Pourquoi cette évolution ? La Fédération Inter-Environnement Wallonie donne une piste de réponse : «L’évolution vers des véhicules plus lourds, plus puissants, plus rapides, plus ‘agressifs’ est fort peu questionnée, voire fait l’objet d’une certaine approbation sociale. Ceci s’explique par le fait que, dans nos sociétés, la voiture reste fortement associée à la notion de liberté. L’idée de ‘brider cette liberté’ en limitant certaines caractéristiques des voitures figure au rang des interdits sociétaux. Il convient donc d’opérer un changement culturel : la diminution du nombre de victimes sur les routes et la protection de l’environnement doivent devenir des valeurs fondamentales, restrictives par rapport à la liberté de mettre en vente des voitures toujours plus lourdes, plus rapides, plus puissantes. ».

Vous l’avez compris, je suis pour les voitures, mais différemment: plus légères, plus simples, moins puissantes, partagées… Une voiture pour l’objet,et moins pour le mythe.