Li Bia Vélo : drôle de coup d’pub pour la ville de Namur

On vous avait déjà parlé d'éco-tartufferies dans nos lignes*. Eh bien, c'est reparti ! Cette fois, c'est local. La capitale wallonne vient de se munir, depuis fin avril, de 240 vélos partagés. Répartis sur 24 stations, ces "bia vélos" - c'est leur nom- sont une initiative de la Ville de Namur et de la multinationale publicitaire JC Decaux. Envie d'applaudir ? Attendez.

Ces vélos sont accompagnés d'une centaine de panneaux publicitaires. "Mais ils en font la réclame !" rétorqueront certains. Oui... mais, ça a tenu une semaine! Ces panneaux sont recouverts depuis d'affiches vantant les bienfaits de boissons énergétiques, de barres chocolatées, de voitures 4x4 et de voyages en avion. L'espace public est, à nouveau, envahi par les entreprises privées. JC Decaux, on comprend, c'est leur business (ça ne veut pas dire qu'on accepte). Mais de la part d'un pouvoir public -la Ville de Namur-, ça a de quoi déconcerter, non ?

Je revendique le droit de participer financièrement à une initiative pleinement citoyenne. Je veux soutenir Li Bia Vélo autrement qu'en partant en Thaïlande en Boeing ou en mangeant des Snickers. Attention! Je ne suis pas contre l'idée de partager ma selle, bien au contraire. Mais la méthode -une fois de plus- est hypocrite. Défendre une idée éco-responsable de la société et développer des moyens qui ne le sont pas ; c'est ça, l'éco-tartufferie.

Ok. Je ne suis pas politicien. Mais j’ai des idéaux, et je suis sûr qu'eux aussi. Et même si l’actuel bourgmestre de Namur nous impose sa tête à chaque coin de rue sur des panneaux gigantesques posés sur des petits camions bouffeurs de pétrole, je persiste à croire qu’il y a du bon en lui. Qu’il prenne soin de l’environnement en accordant un budget 100% public au Bia Vélo, et je l'applaudirai.

*Bulles Vertes n°27 : Home de Yann Arthus-Bertrand