Le grand piétonnier de Bruxelles ? Oui, mais pas sans une concertation citoyenne!

En Belgique, les politiques de transport ont privilégié les infrastructures routières rapides au détriment des transports en commun, des pistes cyclables et des rues piétonnes, plaçant l’accroissement de la vitesse de déplacement au cœur des politiques locales de transport. Toutefois, ces politiques de transport régissent et organisent les pratiques sociales d’une grande majorité de citoyens et légitiment – du moins pour les villes – le moyen de transport le plus rapide et flexible : la voiture. Mais les conséquences de l’usage excessif de la voiture en ville sont énormes : extension des villes toujours plus importantes, bruits, trafics, insécurité routière, pollution…

Aujourd’hui, plus de 50% de la population mondiale vit en ville (1). Une mobilité plus respectueuse des individus et de l’environnement est plus que nécessaire. Dans ce contexte, la politique de mobilité et la transition urbaine sont étroitement imbriquées. La transition invite à une réflexion globale sur le fonctionnement urbain, les politiques de transports, les pratiques sociales et sur les défis environnementaux.

À Bruxelles, beaucoup se plaignent de la phase test du plus grand piétonnier d’Europe : peu d’alternatives disponibles, pas de plan global, absence d’étude d’incidence, manque de transparence politique ou encore concertation citoyenne insuffisante. Même si certains voient dans la radicalité politique du projet, une nécessité urbaine, sociale et environnementale ; on regrette le manque de participation des habitants.
L’aménagement du territoire porte sur la projection dans l’espace des activités humaines : depuis toujours, l’homme a affecté des portions d’espace à des usages déterminés. La complexification croissante des sociétés modernes entraîne la nécessité d’organiser cet aménagement pour une double raison d’efficacité et de démocratie. Mais, les enjeux en la matière deviennent trop importants pour que l’aménagement du territoire dépende d’une poignée d’individus élus. En effet, les actions d’aménagement du territoire ne peuvent être assumées que par celles et ceux qui sont concernés. Il est nécessaire que les habitants participent au changement de la ville ; que le citoyen soit ou non capable n’est pas important, ce qui compte c’est qu’il ait le droit de s’exprimer. Ainsi, donner le droit au citoyen de s’exprimer l’obligera à se mobiliser sur la question et à prendre position. Cela contribue à lutter contre l’apathie citoyenne face aux affaires politiques.

(1) Lire “MOBIL2040”, Bulles Vertes, n°48, http://bullesvertes.be/rubriques/nos-empreintes/mobil2040