Vers un autre mo(n)de de consommation

Consommer autrement et produire moins de déchets, pour Claire (26 ans), ingénieur civil des constructions, c’est possible ! Elle nous parle de son engagement et des alternatives qu’elle met en place au
quotidien.

Quel est le moteur de ton engagement ?
J’ai tout d’abord été sensibilisée par un documentaire sur l’obsolescence programmée et ensuite par ma formation scientifique. Lorsqu’on étudie les lois universelles régissant toute transformation, on se rend compte que rien ne se crée, rien ne se perd. Mais aussi et surtout qu’aucune transformation ne se déroule sans pertes, ce qui rend la transformation irréversible sans un apport supplémentaire d’énergie. En conclusion, recycler c’est bien mais cela nécessite beaucoup d’énergie et ne permet de récupérer que partiellement les ressources initiales. Face à la tendance de toujours produire plus et consommer plus, je me suis rendue compte de l’énorme gaspillage que nous engendrons et j’ai découvert le Zero Waste (traduisez zéro déchet ou zéro gaspillage).
Qu’est-ce que cela te demande comme organisation au quotidien ?
Une fois que les alternatives réutilisables et les changements d’habitudes sont pris, cela demande surtout de l’anticipation. Par exemple : nettoyer ses contenants à l’avance pour faire ses courses, prévoir une serviette en tissus et une gourde pour ses sorties, emmener ses bouchons d’oreilles pour aller en festival etc. Toutes ces choses nécessitent un changement d’habitudes, mais deviennent finalement systématiques.
Qu’en retires-tu ?
Cela n’a l’air qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais c’est motivant de voir la quantité minime de déchets produits. Béa Johnson, qui a popularisé le mouvement, n’en produit qu’1 kg par an avec sa famille. C’est beaucoup plus concret et visible que, par exemple, le nombre de kilos de CO2 produits. Tendre vers le zéro gaspillage m’a amenée à consommer plus local, à aller à la rencontre de commerçants et d’artisans, à manger plus de produits bio et moins de viande, à fabriquer des produits moi-même et à passer au No-poo (comprenez laver ses cheveux sans shampoing). J’ai également eu le plaisir et l’étonnement de voir mes amis conscientisés. Deux d’entre eux se sont même complètement lancés dans la démarche. C’est fabuleux de voir ce mode de consommation en plein essor et finalement de soutenir une économie plus locale et plus humaine.