Cultiver à l’école pour défendre une autre agriculture

Marine Pottiez est engagée dans le projet « Agro Action » dans son école d’agronomie à Ath. Elle témoigne de son engagement.

Agro Action Ath, c’est une dizaine d’étudiants. Ils mènent des actions sur leur campus pour sensibiliser les autres membres de l’école aux questions environnementales, à la souveraineté alimentaire, à l'agriculture durable, au dérèglement climatique et au recyclage. Le gros projet de l’année en cours est la création d’un potager collaboratif en permaculture. Les objectifs sont d’en faire un lieu de partage de savoir-faire associant étudiants et professeurs… et d’en partager la récolte!

Marine, quel est le moteur de ton engagement ?
Le courage et la foi. Lors de la création de ce groupe, je me suis dit « c’est le moment de se lancer dans un projet où on va faire des trucs concrets pour sensibiliser les autres et pour s’instruire au sujet d’une agriculture plus durable ». Comme il y avait déjà d’autres amis d’inscrits, j’ai tenté l’expérience. Des étudiants et professeurs à l’école m’ont aussi ouvert les yeux en m’apprenant des choses sur la planète, nos vies consuméristes... Ça n’a fait qu’accroître ma volonté de m’engager, de me renseigner. J’ai pris peu à peu conscience que chacun avait le pouvoir de faire changer les choses autour de lui. J’avais aussi la foi en des solutions collectives à petite échelle à des problèmes environnementaux mondiaux dont j’avais connaissance, en lien surtout avec l’agriculture.
Qu’en retires-tu ?
J’apprends le sens des responsabilités en devenant fort active dans notre groupe. Et la tolérance aussi, car tous les membres du groupe ne partagent pas les mêmes idées. Néanmoins, ce sont les avis différents qui font évoluer le groupe et les projets, donc cela est nécessaire ! J’apprends aussi la patience car il faut du temps pour voir un projet aboutir ou échouer après, parfois, de gros investissements personnels en temps et en énergie. Et il en faut face aux personnes sceptiques ou fermées aux idées que nous défendons.
As-tu quelques conseils à donner aux lecteurs de Bulles Vertes qui voudraient s’engager ?
Je conseille de constituer une équipe autour du projet. Il y a toujours plus d’idées et d’énergie quand on travaille à plusieurs. En fonction du projet, cela peut être bien de faire un « état des lieux » avant de commencer, une petite enquête pour que le projet ne soit pas « hors-contexte ». Je crois qu’il est bien d’en clarifier les objectifs et de déterminer des rôles. C’est aussi bien d’oser, de tester, de prendre des risques car c’est comme ça qu’on acquiert de l’expérience ! Mais tout d’abord il faut croire en son projet !