Anonymous: une idée de liberté

Thomas Ingrand a découvert le mouvement Anonymous avec ACTA. Ce projet de loi européen qui vise à réduire les libertés sur le Net l’a scandalisé. Il avait vaguement entendu parler des Anonymous, farouchement opposés à ACTA. Il s’est alors renseigné un peu plus…

Thomas, quel est le but des Anonymous ?
Les Anonymous dénoncent ce qu’ils considèrent comme des atteintes à la liberté d’expression. A travers le mouvement, on se rend compte qu’on n’est pas les seuls à avoir ces idées-là. Avoir une justice sociale plus développée, lutter contre l‘aspect mercantile de notre société, etc. Il y a plein de choses sur lesquelles beaucoup de gens ont des idées et ont envie de faire bouger les choses. Vu l’évolution actuelle, il fallait d’office passer par l’informatique pour se faire entendre. Et ça permet que les actions restent pacifiques.
Les Anonymous, c’est qui exactement ? Des hackers internationaux ou des gens comme toi et nous ?
Plus qu’un mouvement, Anonymous c’est une idée. Tout le monde est sur le même pied. Il n’y a pas vraiment de hiérarchie. Certaines personnes proposent des idées. Si elles sont intéressantes, d’autres personnes suivent. Chacun fait en fonction de ses compétences, tout le monde n’est pas hacker non plus. Les attaques DDoS (attaque par déni de service), ce n’est pas du hacking professionnel. C’est 5000, 6000 personnes qui décident d’une « attaque » tous en même temps pour mettre hors-service un site internet.
Toi, tu es un hacker ?
Pas encore, non. Disons que je revendique mon « geekisme » absolu.
Comment te définis-tu par rapport à Anonymous ?
Comme un supporter. Je ne suis pas un activiste ni un militant extrémiste mais j’adhère et je diffuse les messages d’Anonymous. Au-delà des actions comme les DDoS, les Anonymous c’est aussi une philosophie du Web. Le grand cheval de bataille, c’est la liberté sur le Net et la protection des données personnelles.
On reproche parfois à Anonymous d’être un mouvement trop vaste. Ton avis là-dessus ?
Chacun fait en fonction de ses centres d’intérêt. Certains sont plus actifs sur les questions sociales, d’autres sur l’environnement. Une des seules règles, c’est la non-violence et le respect des autres. Ceux qui enfreignent ça sont des usurpateurs. A part ça, Anonymous, ce n’est pas un homme ni un groupe bien défini, mais plutôt une idée de liberté, de respect au sens large.