Alice à Calais

S’engager dans une cause qui nous tient à cœur c’est faire un pas, montrer son désaccord, se positionner mais aussi être plus en paix avec soi-même. Informée par ses études en urgence humanitaire et interpellée par la condition des migrants à Calais, Alice Balt a décidé de postuler comme bénévole pour se rendre sur place.

Qu’est-ce qui t’a décidée à partir ?
Je n’ai pas trop réfléchi, j’ai vu qu’une ONG médicale cherchait des bénévoles et je me suis engagée. Je voulais apporter ma pierre à l’édifice, apporter de l’espoir aux gens mais aussi être porteuse de témoignages à mon retour.
A quoi t’attendais-tu ? Qu’est-ce qui t’a interpellée sur place ?
J’avais beau être au courant de ce qu’il se passait, la distance physique reste quand même une distance émotionnelle. En y allant, j’ai pris conscience que ces gens étaient vraiment là et vivaient vraiment dans des conditions horribles. Je ne m’attendais pas à un tel rejet de la part d’une partie de la population, autant envers les réfugiés qu’envers les ONG qui sont présentes. Je me sentais d’ailleurs beaucoup plus en sécurité dans le camp que dans Calais, on devait retirer nos vestes de l’ONG et les logos sur les voitures pour aller en ville.
Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté ?
Elle a renforcé mon engagement et mon indignation. Dans un dîner en famille je n’hésiterai pas à témoigner et aller à l’encontre des préjugés. Je suis également plus engagée, notamment dans l’ONG SB Overseas qui suit des enfants réfugiés. Je les vois tous les week-ends pour faire des jeux de respect, d’entraide, d’apprentissage, etc. http://sboverseas.org/
Que voudrais-tu dire aux gens qui veulent s’engager ?
S’impliquer pour cette cause c’est aussi notre devoir de citoyen et chacun peut le faire à sa façon, à son échelle. Partager des articles sur le sujet, aller à une manifestation ou sensibiliser notre entourage sont autant de manières de s’engager.