La viande

Selon l’agence de l’ONU pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), plus de 9.075 kilos de viande sont consommés chaque seconde dans le monde. L'élevage émet 18 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, il est très gourmand en terre et en eau (gaspillage et pollution de l'eau, déforestation,…). La surconsommation de viande augmente les risques de certaines maladies et la mortalité. Faut-il alors continuer de manger de la viande ?

Pour

François Lebecq

Depuis plus de 10.000 ans, l’élevage façonne nos modes de vie, pratiques culturelles, paysages, etc. Alors que l’élevage industriel, transformant les animaux en machines à viande, n’a que 50 ans !! Face à cette évolution mortifère, plusieurs réflexions de Jocelyne Porcher m’inspirent :
1) Revenir sur la spécialisation des races, en réduisant fortement les volumes de viandes produits et consommés. J’ai ainsi vu des porcs blancs de l’Ouest qui se laissent mourir quand ils sont à l’intérieur, sans lumière et les uns sur les autres.
2) Repousser la mort le plus possible en repensant les compétences des animaux dans le système agraire. Un cochon de race industrielle est abattu à 5 mois, un rustique à 18 mois.
3) Permettre à l’éleveur d’accompagner ou non ses animaux à l’abattoir. C’est le cas du petit abattoir municipal de Die (France) repris par 45 éleveurs qui abattent désormais eux-mêmes leurs propres bêtes.
4) Rendre à nouveau visible la mort des animaux, en repensant l’abattoir dans son architecture et son insertion dans le paysage urbain ou rural.

Je préfère donc nourrir l’espoir qu’en mangeant « moins mais mieux », je contribuerai à l’échelle de mon assiette à soutenir les petits éleveurs, les races rustiques et peut-être un jour de nouvelles formes d’abattage…

Jocelyne Porcher, « Vivre avec les animaux, une utopie pour le XIXe siècle », 2011.
http://jocelyneporcher.fr/

Contre

Sarah Bourgognon

Depuis quelques années, des associations de défense des animaux font la lumière sur leur mise à mort, souvent cruelle et brutale, dans certains abattoirs . Prenant enfin mon courage à deux mains, j'ai regardé la vidéo sur l'abattoir biologique du Vigan en France : j'ai été profondément choquée et bouleversée par ces images. Depuis ce visionnage, ma réaction a été de décider de ne quasi plus manger de viande.

Aujourd'hui je vais même plus loin : je ne consomme plus de lait d'origine animale et diminue ma consommation de beurre, fromages et œufs en préférant les produits biologiques et de ferme. Pourquoi ? Dans les élevages industriels, les poussins mâles sont tués, souvent broyés vivants, les poules vivent dans des cages sans pouvoir bouger ni sortir et sont tuées quand elles sont moins « rentables ». Une vache doit mettre bas régulièrement pour produire du lait. Les petits sont séparés de leur mère dès la naissance et envoyés à l'abattoir (on parle de veau de boucherie).

Libre aux consommACTEURS de tenter d'oublier ce qui se passe en dehors de leur assiette. Pour conclure, je ne dis pas que nous devons tous être végétariens/végétaliens mais nous devons être conscients de l'avant et de l'après de ce que l’on mange, il y a d'autres moyens de consommer et de manger !

Sources :
http://www.l214.com/
http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/03/29/un-nouveau-cas-de-cruau...
http://www.l214.com/communications/20160223-abattoir-vigan