Topo sur le printemps de la mobilité

Julie Allard, conseillère en mobilité : « Il faut encourager ‘’la génération banquette arrière’’ à vivre la ville ! »

M.C. : Pourquoi une association qui éduque à l’environnement s’intéresse à la mobilité ?

J.A. : Nos déplacements ont un impact sur l’environnement, c’est logique. Celui-ci varie selon nos modes de déplacements : voiture, vélo, transports en commun...

M.C. :Vous faites le procès de la bagnole ?

J.A. : Pas du tout! Nous soutenons l’idée qu’il existe un mode de transport approprié pour chaque déplacement et qu’il faut faire un choix. C’est ce qui s’appelle la multimodalité.

M.C. : C’est un mot sexy pour les jeunes...

J.A. : Empreintes a des outils pertinents pour interpeler les jeunes comme le jeu de plateau Optimove*. Jouer, c’est plus efficace que les discours rébarbatifs. Avec cet outil,les enfants intègrent bien qu’il s’agit de choix et que ceux-ci ont des conséquences.

M.C. : Comment avez-vous participé au Printemps de la Mobilité ?

J.A. : On a pas attendu d’être au mois de mai pour agir! Le Printemps, institué par la Région Wallonne, c’est l’apothéose des projets « clé sur porte » que propose Empreintes. Nous, on est sur le terrain depuis le mois de janvier.

M.C. : Sur quel terrain ?

J.A. : On anime deux projets en Wallonie : École au bout des pieds (EBP) et Génération Tandem Scolaire (GTS). Le premier est un projet piéton. Son objectif est la création, par les jeunes, d’itinéraires piétons vers l’école. Les étapes du projet : tracer des itinéraires sécurisés, apprendre la sécurité routière, encourager les enfants à venir à l’école à pied... Les jeunes prennent des responsabilités et sont acteurs de leur projet.

M.C. : Et GTS ?

J.A. : Cette année, on l’a mené à Ath et à La Louvière. Objectif : former des tandems cyclistes. Un grand du secondaire accompagnait un plus jeune de primaire sur le chemin de l’école. Là aussi, plusieurs étapes : mobilisation des jeunes et des parents, atelier réparation vélo, définition d’un itinéraire validé par la police... Et puis il y a eu la période de roulage d’un mois. Le projet s’est conclu par une rencontre citoyenne. Suite à leur expérience, les jeunes recommandent des aménagements à la Commune.

M.C. : Ça leur apporte quoi, aux jeunes ?

J.A. : Nous leur proposons de vivre une expérience dont ils se rappelleront lorsqu’ils seront confrontés à des choix de mobilité. C’est prouvé : les adultes optent souvent pour un moyen de transport en référence à une expérience agréable vécue étant jeune.Aussi, on encourage la « génération banquette arrière » à sortir dans la ville et à la vivre. C’est autre chose que la passivité vécue à l’arrière de la voiture. Le jeune est réellement encouragé à devenir acteur de sa mobilité, donc de son environnement.

* Empreintes loue Optimove et propose des formations à son utilisation.