Les conditions d’un populisme légitime

Les Unes des journaux tirent la sonnette d’alarme ! Avec le Brexit ou encore la victoire de Donald Trump aux élections américaines, les populismes à travers le monde ont le vent en poupe.

En France, Marine Marine Le Pen cherche à tirer profit de la victoire de Donald Trump pour les élections présidentielles de 2017. Dans une allocution, Mme Le Pen explique que cette victoire est celle de « la liberté d’un peuple souverain » . Elle clame : « les Américains se sont donnés le Président qu’ils ont choisi et non celui qu’un système installé voulait leur faire valider ». Pourtant, au suffrage universel, Hilary Clinton remportait davantage de votes que son rival républicain. Mais aux États-Unis, ce sont les grands électeurs qui fournissent la victoire au futur président. Ainsi, M. Trump a remporté 290 grands électeurs contre 228 pour la candidate démocrate. Pourtant celui-ci n’a obtenu que 47,30 % des suffrages, légèrement moins que sa concurrente. La présidente du FN poursuit en expliquant que ces résultats « enterrent l’ordre ancien », tout en ajoutant que ce même ordre est financé par le monde économique. Comme si le FN était étranger à la corruption. Enfin, elle affirme partager la vision politique de M. Trump et son intention de faire valoir avant tout les intérêts de son pays au détriment des autres. Rappelons que le repli sur soi et la concurrence n’ont jamais favorisé la paix entre les peuples, bien au contraire. Habituellement, le langage courant confère au terme « populisme » un usage strictement polémique, associant le populiste au fasciste, devenant un moyen politique pour dominer la foule en exacerbant les passions tout en feignant de soutenir ses intérêts. Or il n’existe pas qu’un populisme ! À côté des discours simplifiés, destructeurs et teintés de patriotisme et de haine de Mme Le Pen, Bernie Sanders – que certains ont qualifié de populiste – émet un constat mitigé, préférant la voix fédératrice à la politique du repli . Concrètement, M. Sanders reproche à la démocratie et à l’économie libérale de ne pas tenir leurs promesses telles que la sécurité sociale, l’égalité entre les peuples, la dignité humaine ou encore les libertés fondamentales. C’est la raison pour laquelle il se prononce pour une démocratie plus directe, jugeant urgent de donner davantage de pouvoir au peuple. L’homme soutient qu’un système réellement démocratique serait jugé par sa capacité à transformer radicalement la société. De son côté, Bulles Vertes soutient ce changement par l’ouverture sociale et culturelle, l’éducation à l’écologie, les libertés portées par la Charte internationale des droits humains, la décentralisation des pouvoirs et une participation effective du citoyen aux grandes décisions qui les concernent. C’est uniquement pour ces raisons qu’il devient légitime de mobiliser le peuple pour l’opposer à l’élite dont les privilèges trahissent l’intérêt général.

1) « Marine Le Pen s’exprime sur le sujet de la victoire de Donald Trump », diffusé le 9 novembre 2016. URL : https://www.youtube.com/watch?v=S6XHYWl7e_I (vidéo consultée le 6 décembre 2016).
2) GASS Nick, « Bill Clinton: Bernie Sanders a 'much more positive populist' than Trump », dans Politico. 13 septembre 2016. URL : http://www.politico.com/story/2016/09/bill-clinton-bernie-sanders-populi... (site consulté le 10 décembre 2016).

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Historiquement, le populisme est un mouvement politique russe né à la fin du XIXe siècle et dont le but était de s’appuyer sur les peuples pour s’opposer au pouvoir impérialiste des Tsars. Par extension, le mouvement se réfère aux protestations du peuple envers une élite politique qui s’est accaparée le pouvoir et qui utilise celui-ci pour ses intérêts personnels. Dès lors, l’objectif du populisme est de rendre les pouvoirs au peuple, remettant en question le fonctionnement de nos institutions démocratiques.
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