Elections le 25 mai : les petits partis sortent de l’ombre

Pour beaucoup, l’organisation politique ne semble plus en mesure de faire face aux besoins de l’ensemble des citoyens, voire de la société belge. Les taux d’abstention (s’abstenir de voter, délibérément ou non) et de votes nuls (voter de manière non valable et donc non comptabilisée) sont en constante augmentation.

Pourtant, les enjeux des prochaines élections sont importants. Parce que pratiquement tous les niveaux de pouvoir vont être renouvelés le même jour : le 25 mai, les Parlements européen, fédéral, régionaux et communautaires seront élus. Dans un contexte de crise économique, comment les élus vont-ils gérer les tensions sociales ? Et qui peut prévoir les conséquences des tensions communautaires ?

Dans les médias, la parole sur ces enjeux est donnée essentiellement aux grands partis. Nous avons décidé de traiter la question des élections en nous concentrant sur les petits partis. Notre volonté est d’aborder ce sujet classique sous un angle original, en donnant la parole aux alternatives, aux petits partis, aux jeunes en politique. Car nous, rédacteurs du magazine Bulles Vertes, nous considérons qu’il est nécessaire de parler des élections, mais d’une manière différente, en accord avec l’orientation de notre journal et notre rôle de média alternatif, en nous axant sur la diversité.

Les partis installés ne représentent pas la diversité des courants idéologiques. Le système politique belge semble hérité d’un 19ème siècle révolu. Peut-on affirmer que tous les courants idéologiques sont représentés par ces partis ? Il existe une série de mouvements et de petits partis qui, à ce jour, ne parviennent pas à obtenir une voix dans le débatpolitique. En effet l’émergence de nouveaux partis est rendue difficile notamment par la formation des cartels, des alliances. Le seuil électoral de 5% réduit leurs chances de participer au scrutin : s’ils n’atteignent pas ce pourcentage, les partis n’ont pas d’élus ni de défraiement de l’état. A cela s’ajoutent les problématiques liées au financement d’une campagne électorale. Le paysage politique bruxellois et wallon est dominé par les mêmes partis depuis des décennies. Ces partis, dans un souci de rassembler un maximum d’électeurs, adoptent un discours qui cherche à ne déplaire à personne. Les ministres changent de compétences, mais certaines personnalités monopolisent la scène politique. Si ils ont le mérite du travail accompli, le renouveau politique peut-il venir d’eux? Sauront-ils saisir l’opportunité du changement, sauront-ils faire preuve de créativité et d’audace ? Si l’on posait la question à Einstein, il répondrait certainement qu’ « Aucun problème ne pourra être résolu avec la façon de penser qui l’a généré »…