Retour sur la COP 21

La COP21 a eu lieu du 30 novembre au 12 décembre 2015 à Paris. Le 22 avril 2016, 175 pays signent l’accord sur le climat à l’ONU. Pour Ban Ki-Moon, secrétaire général, « c’est un moment historique ». Pour les pays signataires, le grand défi est de limiter la hausse de la température à 2°C. Cet objectif ambitieux demande un engagement important de la part des Etats signataires mais également de l’ensemble des citoyens. Le moment pour Bulles Vertes de revenir sur ce qu’a été la COP21 et ses enjeux.

Une COP, c’est quoi ?

La Conférence des Parties est l’occasion pour tous les pays membres de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques de se réunir une fois par an pour l’action de lutte contre le réchauffement climatique. Lors des COP les États signataires peuvent ratifier des accords sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, évaluer l’évolution de leurs engagements et prendre des mesures favorables aux objectifs communs. Ces conférences ne rassemblent pas uniquement les représentants des pays, mais également des acteurs non étatiques tels que le monde scientifique et associatif.

Ligne du temps :
- 1992. Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, création du CCNUCC
- 1995. Conférence de Berlin (COP1)
- 1997. Signature du Protocole de Kyoto (COP3), 37 pays s’engagent à réduire leurs émissions de 5% en moyenne sur la période 2008-2012
- 2009. Conférence de Copenhague (COP15), aucun accord global n’a été trouvé
- 2012. Conférence de Doha (COP18). Prolongation du Protocole de Kyoto allant de 2013 à 2020
- 2015. Conférence de Paris (COP21)

SOURCES :
http://www.connaissancedesenergies.org/climat-quest-ce-quune-cop-141022
Document de DEMUELENAERE Lucas, « Sur la route de Paris : introduction à la politique climatique internationale ».

La COP 21 : une COP clef

Si la COP 21 se devait d’être mémorable, c’est parce qu’il fallait que pour la première fois l’ensemble de tous les pays soient représentés. Puis que le texte soit adopté universellement par l’ensemble des parties, parmi lesquels les plus gros pollueurs mondiaux, et non uniquement les pays développés comme pour le Protocole de Kyoto.

L’autre enjeu capital, l’état de la planète, défini comme critique par les scientifiques. Il fallait trouver une solution pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de deux degrés par rapport à la période préindustrielle. Cette température franchie, ce serait la dégringolade assurée !

En outre, si cette COP fut unique c’est parce qu’a été pris en compte le volet financier qui prévoit que les pays riches versent de l’argent aux pays les moins développés et qu’est inscrit dans le texte, la révision à la hausse tous les 5 ans des engagements de chaque Etat.

Aussi, le 12 décembre 2015, l’accord est voté à l’unanimité par l’ensemble des pays, cet accord historique et exceptionnel ouvre une perspective d’avenir pour la suite !

Sources :

http://www.cop21.gouv.fr/comprendre/cest-quoi-la-cop21/les-enjeux/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_des_parties
http://www.lemonde.fr/cop21/video/2015/10/19/comprendre-les-enjeux-de-la...

Une nouvelle façon de négocier le climat

Après l’impossibilité de trouver un accord à Copenhague en 2009, les délégations et ONG s'étaient dit « Plus jamais ça ! ». A Paris c’est mission accomplie.

Lors des précédentes COP, les négociateurs fixaient un objectif à atteindre à l’échelle internationale – limiter le réchauffement climatique à +2°C à l’horizon 2050 – puis négociaient des objectifs pays par pays, dans d’interminable discussions…

En 2014 à Lima, les négociateurs se sont accordés pour que les engagements des 196 Etats soient connus le plus en amont possible en créant un nouvel instrument : les « contributions intentionnelles décidées au niveau national » (INDCs).

Ces INDCs regroupent trois principes directeurs : l’ambition de dépasser les engagements actuels ; la différenciation en fonction des circonstances de chaque Etat ; la transparence des contributions.

Paris marque donc un tournant dans la manière de négocier, de descendante à ascendante. Ce qui a visiblement fait la différence.

Source :
http://www.actu-environnement.com/ae/news/climat-contribution-cop21-etat...

Une telle mobilisation citoyenne, du jamais vu !

Au niveau mondial ça a été incroyable : plus de 2.500 défilés dans 158 pays, autant dans les pays riches que pauvres.

De nombreux européens se sont mobilisés vers la « Marche pour le climat », le 29 novembre 2015 à Paris pour réclamer un accord ambitieux, contraignant et solidaire. Climate Express a mobilisé 10.000 Belges ! Malgré l’interdiction de manifester à Paris, ils étaient 25.000 à scander « Le climat n’attend pas, Paris on est là ! ».

Ceux qui n’ont pu manifester ont été très créatifs. Symboliquement avec « Nos chaussures en marche pour le climat » en exposant les chaussures des absents à la place de la République. Ou encore en parrainant un marcheur dans le monde via « March4Me ». Solidairement avec la magnifique chaîne humaine à Bruxelles. Bruyamment avec « Sonnons l’alarme climatique », où des Belges ont fait sonner leurs réveils, gsm, casseroles etc.

Et encore aujourd’hui avec « klimaatzaak » intentant un procès au gouvernement belge pour cause de politique défaillante. Et parce que le combat pour un environnement de qualité n’est pas fini, on n’a pas fini de se mobiliser !

Sources :
https://alternatiba.eu/paris/histoire-alternatiba/
www.climate-express.be/
http://climatealert.be/index.php/inscris-ton-action/
http://klimaatzaak.eu/fr/le-proces/

Ce qui n’est pas dans l’Accord de Paris

S’il y a eu accord, tout n’est pas réglé, c’est peu dire…

L’exclusion de l’Accord des émissions de gaz à effet de serre (GES) du transport aérien et maritime est choquante. Attention, on parle ici de près de 10 % des émissions mondiales de GES. Cela équivaut à celles de l’Allemagne et de la Corée du Sud réunies !

Ces émissions augmentant si vite - deux fois plus vite que celles des autres secteurs - que si rien n’est fait, elles pourraient compter pour 39 % des émissions mondiales en 2050. Là où ça coince, c’est qu’il est très difficile d’attribuer ces émissions à un pays. Ce gros dossier fumant a été confié à deux agences de l’ONU qui n’ont jusqu’ici encore rien fait...

Selon l’écrivaine Naomi Klein, les mots "énergies fossiles", "pétrole" ou "charbon" n’apparaissent pas dans l’Accord. Or ces énergies sont la première cause du changement climatique, 65 % des GES. Selon le GIEC, pour espérer contenir le réchauffement en-deçà de 2°C, il faudra laisser dans le sol 80 % des réserves de fossiles.

Source : http://www.liberation.fr/planete/2015/12/13/accord-de-paris-un-cap-de-bo...

Et maintenant, il se passe quoi ??

Maintenant l’accord voté, il convient de mettre en place les exigences fixées lors de la conférence, c’est la ratification. La première étape est franchie, il faut s’en féliciter avant tout et ne pas noircir trop vite l’horizon de cette réussite.

Les choses bougent, petit à petit… En effet, si certains pays comme la France sont à l’initiative, d’autres comme le Canada ou les Etats-Unis ont annoncés une baisse de 43% de leurs émissions de méthane, afin de respecter les engagements pris à Paris.

Enfin, les Etats ont un calendrier qu’ils doivent respecter. Ces échéances seront vérifiées par un groupe d’experts évaluant que chaque Etat ait bien tenu ses engagements convenus à Paris.

Il ne faut pas oublier que les Etats doivent aussi préparer la COP 22 qui aura lieu à Marrakech en novembre 2016.

Enfin, nous aussi, citoyens, pouvons agir en revoyant notre manière de consommer ! Favoriser les fruits ou légumes de saisons, éviter les viandes industrielles, l’huile de palme... Qui ne font qu’aggraver l’état de notre planète !

Sources :
http://www.lemonde.fr/cop21/article/2016/03/12/l-apres-cop21-accumule-le...
http://www.huffpostmaghreb.com/2015/12/02/maroc-cop22-climat_n_8699600.html