L’économie collaborative, l’économie de partage

Un pull troué et tu ne sais pas coudre ? Envie de voyager autrement ? Marre de ta banque qui ne te dit pas ce qu’elle fait de ton épargne ? Envie de partager ton énergie, tes connaissances ou ce que tu possèdes ? L’économie collaborative est faite pour toi !

L’économie collaborative consiste à s’entraider afin de réduire notre consommation et donc notre impact sur l’environnement. Différents groupes se mettent en places comme les Repair cafés rassemblant des bricoleurs amateurs tout prêts à rendre vie à votre vélo ou votre machine à laver. Il y a aussi les potagers collectifs où vous pouvez cultiver vos légumes avec les conseils des autres participants, ou encore les magasins de seconde main en ligne ou dans nos rues permettant à l’un de se débarrasser d’un objet devenu inutile et à l’autre d’acquérir un lit, une table basse, une voiture ou encore un mixer.

L’économie collaborative est donc une économie de partage et d’échange basée sur des réseaux plus ou moins étendus. Cette façon de consommer permet d’éviter d’acheter du neuf quand ce n’est pas nécessaire, de ne pas jeter quelque chose de réparable, de se loger à moindre coût en voyage, de se déplacer pour pas cher et le tout dans une ambiance conviviale et chaleureuse. Viens découvrir les alternatives existantes ouvrant la porte sur l’économie collaborative.

 

Ce dossier a été écrit avec l'aide de Deborah Baudouin

Donner une seconde vie aux objets

Que faire de cette vieille collection de BD ? De ce troisième service de vaisselle reçu à Noël par tata Huguette ? Ou encore de toutes ces fringues qui débordent de leur armoire et que l’on ne porte plus depuis une décennie ?

Après une petite recherche sur la toile, je tombe sur un site que je ne connaissais pas, la Donnerie. Celle-ci a pour devise : « Ne jetons plus, donnons ! Achetons, beaucoup moins, demandons ! ». En dehors de la donnerie, il existe des magasins de seconde main qui sont susceptibles de reprendre les objets en bon état. Concernant ceux qui sont défectueux et que l’on aimerait réparer, il existe des Repair cafés un peu partout en Belgique. Fini les imprimantes qui s’arrêtent au bout de mille copies, les pulls troués, ou encore, les chambres à air crevées.

Crédit photo : Emilie Morcillo ; Influenca – Je Like – L’économie collaborative

En savoir plus :
Le Réseau de Consommateurs Responsables (RCR) promeut 8 types d’initiatives de consommation alternatives dont les donneries, les Repair cafés, … - www.asblrcr.be -
dont ici les étapes pour créer une Donnerie : https://youtu.be/fKVSOXYXAL0

Crédit photo : Donnerie au Centre communautaire du Chant d'oiseau

Banques éthiques

Comme beaucoup de personnes, tu as peut-être de l’argent à la banque. Mais sais-tu ce qu’elle en fait ? Dans quoi il est investi ?

Toutes les banques utilisent l’argent des comptes épargne pour l’investir dans différents projets. Mais là où certaines, comme Triodos, te donnent le choix des projets soutenus, d’autres sont beaucoup moins transparentes et financent par exemple l’extraction de minerai dans des mines contrôlées par des chefs de guerre africains exploitant des enfants et des femmes. N’hésite donc pas à questionner ta banque. Si elle ne te répond pas ou si la réponse ne te convient pas, libre à toi de placer ton argent dans des banques plus transparentes et éthiques comme Triodos par exemple.

En savoir plus :
https://www.triodos.be/fr/la-banque-triodos/
https://www.newb.coop/fr

Crédit photo : Emilie Morcillo ; Économie Collaborative : Le Ministère de l’Économie

R.E.R.S., qu’est-ce que c’est ?

Vous voulez apprendre à réparer votre vieux vélo pour cet été, à cuisiner un nouveau plat pour épater vos amis ? Pensez aux Réseaux d’Échanges Réciproques de Savoirs !

Dans les R.E.R.S., il n’est pas question d’argent mais bien d’échanges gratuits entre les personnes ; vous apprenez de quelqu’un inscrit dans le réseau et vous partagez un de vos savoirs avec cette personne ou un autre membre. Tout le monde y est le bienvenu car chacun est riche de savoirs et de savoir-faire intéressants pour d’autres (si, si, promis!).

En plus, ces réseaux permettent de faire des rencontres dans son quartier et dans sa ville. Jetez un coup d’oeil sur le site belge des R.E.R.S.. Vous trouverez ceux qui existent en Wallonie et les offres et demandes de savoirs qui y circulent déjà.

En savoir plus :
http://rers-asso.org/

Crédit photo : Emilie Morcillo ; L’ABC de l’Économie Collaborative

Se procurer ses aliments différemment

L’impact de votre consommation vous intéresse ? Vous souhaitez acheter des produits sains, locaux et respectueux de l’environnement ?

Alors, vous pouvez vous renseigner sur les producteurs de votre région qui produisent et vendent de tels produits.

Il est également possible de vous investir dans un groupe de consommateurs tels que les Associations pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne (AMAP), les Groupements d’Achats Solidaires d'Agriculture Paysanne (GASAP) ou les Groupements d’Achats Communs (GAC) qui vous permettront d’être plus proche des producteurs des aliments de votre assiette et de les soutenir dans leur travail qui est mis à mal par l’industrie agroalimentaire et l’agriculture industrielle. Vous pourrez même y consacrer quelques heures de votre temps bénévolement. Une belle manière de (re)tisser du lien social via notre consommation !

En savoir plus :
http://reseau-amap.org/
http://www.gasap.be/
RCR, spot de présentation du fonctionnement d'un GAC : https://youtu.be/pkVd1ToTIjQ

Crédit photo : Flickr - Emmanuel Douay ; AMAP

Logement-habitat

Aujourd’hui, certaines personnes construisent des habitats avec des matériaux directement disponibles dans la nature (terre, paille,…), d’autres choisissent des logements non fixes, telle que la yourte (une sorte de grande tente circulaire).

Il existe aussi l’« habitat groupé » où plusieurs personnes ont fait le choix de vivre ensemble et de mettre en place une vie collective. Toutefois, certaines zones d’un habitat groupé restent privées, garantissant l’intimité de chacun. Les avantages sont économiques, écologiques et relationnels.

Petit conseil : visitez le quartier de « La Baraque » à Louvain-la-Neuve pour y découvrir des manières différentes de concevoir l’habitat ou si vous voyagez cet été, n’hésitez pas à passer par un « écovillage ».

Crédit photo : Le Soir, Dominique Duchesne - le quartier La Baraque, Louvain-La-Neuve

Dérives

Tous ces projets proposent des alternatives intéressantes pour ceux qui veulent consommer autrement. Malheureusement, ils font aussi parler d’eux lorsque des gens peu scrupuleux les détournent. Au départ, ce sont des services de particulier à particulier basés sur l’échange, sur une participation financière aux frais, voire la possibilité d’arrondir un brin ses fins de mois.

Certains pourtant cherchent à gagner leur vie via ces initiatives par exemple en s’inscrivant sur Uber et en faisant le taxi toute la journée. C’est le cas également avec le site AirBnB qui permet à des particuliers de mettre un logement à disposition de visiteurs de passage. Certains détournent le principe en louant des appartements toute l’année dans une zone touristique, au détriment de personnes voulant y vivre. Il existe à New York des immeubles entiers transformés en hôtels clandestins et dont les locataires précédents ont été poussés dehors car la location touristique rapporte beaucoup plus. Le problème est qu’il n’y a aucun contrôle dans ces établissements que ce soit pour la sécurité, l’hygiène…et qu’il y a régulièrement des accidents.

Pour en savoir plus :
Le reportage de l'émission Questions à la Une (RTBF) sur « Partager, une nouvelle façon de consommer ? Airbnb - objets saisis, la bonne affaire ? »
http://www.rtbf.be/video/detail_questions-a-la-une-01-04-2015?id=2005375

Crédit photo : Daryl Cagle, "Transportation competition"