Comment lire les étiquettes ?

Les étiquettes sont nos amies. Pourquoi ? Parce qu'elles nous aident à choisir les produits que nous mettons dans notre panier. Elles nous parlent de la provenance des aliments, de leur adhésion à un label ou des ingrédients qui les composent.

Aujourd'hui, si le prix du produit reste souvent le premier critère de choix, on remarque toutefois que les informations indiquées sur les étiquettes intéressent de plus en plus les consommateurs. Tu trouves que c'est compliqué? Bulles Vertes les décortique dans ce dossier.

Dossier réalisé par Jonas Moerman d'Ecoconso (www.ecoconso.be).

Du monde à votre assiette : des kilomètres !

Pour la viande, les légumes et les fruits, le pays d'origine du produit doit figurer sur l'étiquette. C'est une obligation aussi lorsque la marque ou tout autre élément figurant sur l'emballage est susceptible d'induire le consommateur en erreur. Comme un camembert certifié normand mais fabriqué en Turquie.

La provenance permet également de se faire une idée du nombre de kilomètres parcourus pour acheminer le produit jusqu'à l'assiette. Parfois, les chiffres sont étonnants!

Les labels

Un label permet d’attribuer à un produit certaines qualités vérifiées par un organisme externe. Pour l'alimentation, les labels bio et les labels du commerce équitable sont les plus utilisés.

Les produits issus de l’agriculture biologique sont cultivés sans pesticides, sans engrais de synthèse et, dans le cas de productions animales, sans antibiotiques administrés à titre préventif et sans hormones de croissance.

A défaut des produits Bio, choisissons des fruits issus d'une culture intégrée. La méthode consiste à utiliser un minimum de produits chimiques et à intégrer, dans les cultures, les insectes protégeant les plantes des parasites. Ces pratiques réduisent déjà fortement l'utilisation de pesticides.

En ce qui concerne les produits issus du commerce équitable, le principal label est le label fair trade porté par Max Havelaar. Des marques telles que Maya ou Oxfam offrent aussi des garanties fiables quant aux conditions de travail, au respect des droits des travailleurs...

Que peut-on lire sur une étiquette ?

"Allégé en...ou à teneur réduite en..." Qu'est-ce que ça veut dire?
La réduction ou l’allègement peut concerner l’énergie ou d’autres nutriments (tels les sucres, les matières grasses...) qui doivent être précisés. Cet allègement doit être significatif et doit être justifié par rapport à des produits de la même catégorie.

On parle aussi des "qualités nutritionnelles des produits".
S'il est indiqué que ma barre de chocolat contient 20 g de sucre, est-ce beaucoup ? Pour le savoir, je peux me référer à l’étiquetage nutritionnel (voir ci-dessous). Celui-ci repose sur les Repères Nutritionnels Journaliers (RNJ). Sont indiqués l’énergie (en nombre de calories) et d’autres nutriments (sucres, lipides, acides gras saturés et sodium/sel) apportés par une portion du produit. On y trouve aussi la contribution correspondante par rapport aux apports nécessaires sur la journée. Une femme adulte a, par exemple, besoin de 2000 kcal par jour.

Attention: les enfants ont des besoins caloriques moins élevés (le pourcentage de chaque nutriment n'est donc pas le même pour l'enfant et pour l'adulte). Les portions prises comme référence ne sont donc pas toujours adaptées. Ex : 30 g de céréales petit déjeuner ne permet pas de voir facilement à quelle quantité cela correspond. Sur des emballages de plus petite taille, ces informations ne sont pas toujours évidentes à comprendre.

Parmi les ingrédients, on trouve aussi des additifs. Pour permettre leur conservation (qualité, goût...), garder leur aspect, augmenter leur goût, leur donner de belles couleurs... Or, ces additifs ne sont pas toujours sans danger. Beaucoup de risques énoncés ici sont au conditionnel. Mais dans la mesure où ces substances ne sont pas indispensables, autant appliquer le principe de précaution: éviter d'en consommer.

Les additifs admis en Europe sont désignés par la lettre E suivie de 3 chiffres.
Quant au sel et au sucre, regardez l’étiquette de n’importe quel produit. Vous y trouverez probablement une indication sur la quantité de sucre et de sel ajoutés.

Les antioxydants: pour éviter l'oxydation des produits.
Les conservateurs: pour retarder ou empêcher des modifications microbiologiques dans les aliments.
Les exhausteurs de goût: Ils n'ont pas beaucoup de goût mais relèvent celui des aliments. Dans la recherche de goût standardisés, pour plaire au plus grand nombre, le sucre et le sel sont souvent utilisés.
Les édulcorants: Ce sont des composés sucrants (qui donnent un goût sucré) mais qui n’apportent pas ou peu de calories par rapport au(x) sucre(s).

Ajoutons dans cette liste d’additifs les colorants (pour que la margarine soit jaune), les émulsifiants, les stabilisants, les agents gélifiants et épaississants.

Les bienfaits de certains produits

Ne vous laissez pas piéger par les allégations! Les mentions telles que "faible teneur en matières grasses" ou "riche en fibres" doivent être conformes à des définitions précises. Par exemple, "riche en fibres" ne peut être utilisé que pour les produits contenant un minimum de 6 g de fibres pour 100 g.

Les denrées alimentaires qui contiennent beaucoup de matières grasses ou de sucre ne peuvent porter des allégations telles que "contient de la vitamine C".

Naturellement bon!

Vous l'aurez compris: les aliments n'ont plus de secret pour celui ou celle qui sait lire les étiquettes. C'est un geste simple et responsable. Pas le temps de les consulter?

Retenez ceci: un aliment transformé de son état initial a plus de chance de contenir des additifs. Aussi, il aura voyagé plus longtemps et aura donc un impact conséquent sur l'environnement. Privilégiez donc des produits frais, locaux et de saison pour une alimentation saine et durable.